Mis en examen à paris pour viols: Kabirou Mbodji solde ses comptes avec l’Etat

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Kabirou Mbodj ne digère pas les déconvenues de Wari. L’homme a même une dent contre l’État du Sénégal.  Wari a longtemps été perçu comme un fleuron et fierté nationales.  Elle était active dans une soixantaine de pays, dont quarante sur le continent, et comptait 212 millions d’utilisateurs.
Aujourd’hui, Wari n’est plus l’ombre de ce qu’elle fut, et Kabirou Mbodj le concède, volontiers, dans un entretien accordé à Jeune Afrique. « La partie africaine de l’activité est tombée à zéro. On a torpillé un Africain pour privilégier des non-Africains, alors que j’ai énormément œuvré pour l’inclusion financière sur le continent et que j’ai créé des milliers d’emplois », regrette le chef d’entreprise, en dénonçant la responsabilité des hommes politiques africains, des administrations et des institutions continentales.
Ses démêlés avec les pouvoirs publics sont d’ailleurs à l’origine du transfert du siège de Wari de Dakar à Lomé, en 2015. « Racket », « hostilité », « malveillance »… Kabirou Mbodj ne mâche pas ses mots à l’égard du Sénégal. « L’agence de promotion des investissements nous avait, au début, donné des exonérations, mais le fisc est ensuite venu nous demander de payer des impôts. J’étais allé voir le président Macky Sall pour me plaindre », justifie-t-il.
Son courroux à l’égard des autorités sénégalaises s’explique, surtout, par l’échec de sa reprise de l’opérateur télécom Tigo, en 2017. « J’avais signé un accord avec Millicom afin d’acheter leur filiale parce que j’avais compris que c’était vital pour poursuivre le développement de Wari face à la concurrence, notamment celle d’Orange. Le chef de l’État m’a d’abord soutenu. Puis, alors que le financement avec Afreximbank était bouclé, à la dernière minute et sous la pression du Premier ministre de l’époque (NDLR: Mahammed Boun Abdallah Dionne), la banque a modifié un passage du contrat qui indiquait que leur engagement était irrévocable. Et tout a capoté », détaille l’entrepreneur.
L’OFNAC au banc des accusés
Dans sa diatribe contre le Sénégal, l’homme d’affaires n’épargne pas non plus l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) qui avait saisi le  procureur de la République concernant des fraudes fiscales supposément commises par Wari. « Cet organisme est totalement sorti de son rôle. Son travail porte en principe sur des sociétés publiques ou sur des entreprises privées qui travaillent avec l’État. Ce qui n’est absolument pas notre cas », explique-t-il en confirmant avoir aussi porté plainte contre l’Ofnac.
Néanmoins, Kabirou Mbodj assure que « de beaux projets sont en préparation ». Il évoque, sans plus de précision, de possibles développements en Europe de l’Est, au Moyen-Orient, et même une cotation au Nasdaq, quand ses ennuis seront derrière lui.

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