Mimi Touré interpelle Ismaïla Madior Fall: « Respectez la Constitution au lieu de penser aux privilèges »

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L’ancien Premier ministre Mimi Touré, devenue parlementaire de la 14è législature a encore remis ça l’Assemblée nationale. Déterminée à combattre le troisième mandat présidentiel, celle qui a été la liste de Benno Bokk Yakaar lors des dernières élections législatives, a interpellé le ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall afin qu’il édifie les Sénégalais sur cette question jusque-là restée sans réponse. C’était ce jeudi à l’Assemblée nationale, à l’occasion vote du budget du ministère de la Justice.

«Vous avez défendu partout comme moi et le président du groupe parlementaire de Benno que nul ne peut faire plus de deux mandats consécutifs. Je veux que vous regardiez les sénégalais les yeux dans les yeux pour le dire une 4ème fois. Vous êtes un professeur émérite. Que les intellectuels soient fidèles à la Constitution. Respectez la Constitution au lieu de penser aux privilèges, nous voulons une réponse très claire sur cette ambiguïté autour du mandat » lui a lancé l’ancien Premier ministre en guise de rappel.

Avec cette énième interpellation, Mimi Touré semble plus que jamais déterminée à barrer la route à un troisième mandat, prêté à tort ou à raison au président Macky Sall. Pour rappel, elle avait récemment posé ce débat lors d’un  symposium de l’Institut de Gorée. Un évènement annuel dont le thème central portait sur « le défi sécuritaire et dynamique sécuritaire au Sahel, l’engagement des parties prenantes ». A cette occasion, Mimi Touré avait rappelé que « lorsqu’on parle des parties prenantes, vous avez les Etats, les populations, les jeunes et les femmes, mais également la société civile ». Le Sénégal étant partie prenante, elle n’avait pas manqué d’avertir les autorités par rapport à qui se passe dans les pays voisins, en termes d’instabilité et de problèmes sécuritaires.

« Il faut que nos pays aient des institutions que tout le monde respecte. À commencer par le Sénégal. Notre constitution est très claire : nul ne peut faire plus de deux (2) mandats consécutifs. Donc ça, il faut le respecter, si on ne veut pas avoir des troubles », conseille Mimi Touré.

Pour sa part, Ismaïla Madior Fall n’a fait que se dédire en convoquant la « compétence » du Conseil constitutionnel. Selon lui, « dans la rédaction de la réforme de 2016, le président Macky Sall, après avoir écrit que nul ne pouvait avoir plus de deux mandats consécutifs, avait mis une disposition transitoire pour dire que cette disposition s’applique au mandat en cours. Notamment celui de 2012-2019. Cependant, dit-il « le Conseil Constitutionnel a enlevé cette disposition transitoire en arguant que dans une constitution, il ne doit y être inscrit des dispositions intemporelles. Pour les sages du Conseil Constitutionnel, il ne fallait pas mettre dans le texte des phrases qui ne sont d’aucune utilité après un temps ».

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